Frank McCourt a racheté l’Olympique de Marseille en 2016 pour seulement 45 millions d’euros. Depuis, il a injecté 750 millions de dollars dans un club qui n’a jamais atteint l’équilibre financier. Aujourd’hui, dix ans plus tard, la question d’une vente — ou d’une ouverture du capital — agite sérieusement la cité phocéenne. Pendant ce temps, le club traverse une période de turbulences avec les départs successifs de Pablo Longoria, Roberto De Zerbi et une situation sportive fragile. Entre ambitions de Ligue des champions et incertitudes sur l’identité du futur propriétaire, l’avenir de l’OM reste en suspens.
Table of Contents
ToggleLe prix de l’OM et les raisons d’une vente
Derrière la possible cession du club marseillais se cache un agenda personnel lourd. Frank McCourt prépare depuis deux ans aux États-Unis une vaste initiative baptisée Project Liberty, un projet technologique et politique d’envergure nécessitant un engagement financier pouvant atteindre 500 millions de dollars. Un chantier de cette ampleur réclame des liquidités, et l’OM représente logiquement un levier d’action.
La valorisation du club a explosé en dix ans. Acheté pour 45 millions d’euros, l’OM affiche désormais une valeur multipliée par plus de vingt. Le prix initialement évoqué pour une vente totale tournait autour de 1,2 milliard d’euros — une estimation jugée gonflée par plusieurs spécialistes.
Ce que valent vraiment les Phocéens
Selon Daniel Riolo sur RMC, McCourt serait en réalité disposé à céder le club pour 500 millions d’euros. Une fourchette cohérente avec l’analyse du spécialiste financier David Gluzman, qui estime la valeur réelle de l’OM entre 500 et 600 millions d’euros. Le magazine Forbes, lui, retient le chiffre de 594 millions d’euros.
À l’échelle mondiale, seuls douze clubs franchissent la barre du milliard. L’OM n’en fait donc pas partie — contrairement au PSG, qui trône dans cette élite financière mondiale aux côtés des mastodontes de Premier League. Cela suffit à remettre les prétentions initiales à leur juste place.
Vente totale ou entrée minoritaire au capital ?
McCourt n’a pas fermé toutes les portes. Dans des déclarations accordées au JDD, il a évoqué sa volonté de trouver un partenaire stratégique qui permettrait au club de franchir un cap, tout en conservant lui-même les pouvoirs exécutifs. Un investisseur pourrait entrer à hauteur de 30 % des parts, laissant le propriétaire américain aux commandes.
Il a même tenu des propos qui surprennent, affirmant que l’OM était l’un des clubs les plus stables financièrement en Europe, sans grosses dettes. Il considère le club comme un actif familial destiné aux générations futures de sa famille. Visiblement, l’homme n’est pas pressé de tout lâcher — mais le Project Liberty pourrait l’y contraindre.
- Valeur estimée par Forbes : 594 millions d’euros
- Prix de cession envisagé selon Riolo : 500 millions d’euros
- Valorisation initiale demandée : 1,2 milliard d’euros
- Clubs au-dessus du milliard dans le monde — seulement douze
Qui pour racheter ou investir dans l’OM ?
La liste des acheteurs potentiels reste floue. Les profils capables de sortir 500 millions d’euros ou plus pour un club de Ligue 1 ne courent pas les rues. Deux pistes dominent les discussions — les investisseurs du Golfe — notamment en provenance d’Arabie saoudite — et certains fonds d’investissement américains.
Les investisseurs du Golfe en pole position
Les capitaux saoudiens ont déjà transformé la Premier League avec Newcastle United. L’appétit de la région pour le football européen ne faiblit pas. Pour l’OM, ces profils représentent les rares acteurs ayant la surface financière nécessaire pour une entrée significative au capital, voire une reprise totale du club. Aucune offre formelle n’a en revanche filtré publiquement à ce jour.
Un fonds américain constitue l’autre scénario sur la table. Ce type de structure, rodé aux acquisitions sportives, pourrait s’aligner sur les montants demandés, d’autant que l’OM dispose d’une marque forte et d’un rayonnement européen indéniable, notamment grâce à ses campagnes en Ligue des champions.
Rodolphe Saadé hors course, mais omniprésent
Rodolphe Saadé, patron de CMA CGM et partenaire principal du club, a clairement exprimé son désintérêt pour une prise de participation. Pourtant, sa présence autour du Vélodrome reste très concrète : dès la saison prochaine, l’enceinte sera renommée CMA CGM Vélodrome, succédant à Orange après plus de dix ans de contrat de naming à 2 millions d’euros par an. Un partenariat commercial solide, donc, mais pas une entrée au capital.
Une nouvelle gouvernance pour gérer l’incertitude
Stéphane Richard, proche de Rodolphe Saadé, a été nommé président de l’OM à compter du 2 juillet. C’est Alban Juster, 36 ans et directeur général finance depuis huit ans au club, qui assure la présidence du directoire par intérim en remplacement de Pablo Longoria. Medhi Benatia, lui, a accepté de rester jusqu’à la fin de saison à la demande expresse de McCourt.
Cette période de transition sportive et institutionnelle soulève des questions sur la capacité du club à mener un mercato ambitieux sans visibilité sur son actionnaire futur. Un club sans directeur sportif confirmé, sans entraîneur installé après le départ de Roberto De Zerbi, se retrouve fragilisé dans ses négociations — que ce soit pour recruter ou pour convaincre des investisseurs.
- Stéphane Richard : président à partir du 2 juillet
- Alban Juster : président du directoire par intérim, 36 ans, 8 ans au club
- Medhi Benatia — maintenu jusqu’à fin de saison
L’annonce avortée et ce qu’elle révèle sur la stratégie de McCourt
L’épisode le plus révélateur reste l’annonce que McCourt n’a finalement pas faite. Une entrée au capital d’un nouvel investisseur devait être officialisée en conférence de presse — et l’Américain a changé d’avis au dernier moment. Ce recul soudain illustre mieux que tout discours l’état réel des négociations : avancées, mais pas abouties.
Pour comprendre les dynamiques financières qui agitent le football français, et notamment les enjeux du choc PSG-Lille en Ligue 1, il faut garder en tête que la valeur d’un club dépend aussi de ses performances sportives immédiates. Un OM qui s’éloigne des premières places affaiblit mécaniquement son pouvoir de négociation face à de futurs partenaires. La course au titre, même symbolique, reste donc un argument de vente.

Moi, c’est Clara, 42 ans, passionnée de communication digitale et de récits jaunes et verts. Native de Saint-Nazaire, j’ai grandi avec le FC Nantes en fond sonore tous les dimanches à table. Aujourd’hui consultante en stratégie de contenu, je collabore avec FCNhisto.fr pour faire vivre le club autrement : à travers ses souvenirs, ses supporters, ses petites histoires qu’on ne lit pas dans les palmarès.