Né en 1991 à Sarcelles, en banlieue parisienne, Riyad Mahrez est l’une des figures les plus marquantes du football maghrébin. Passé par Manchester City avant de rejoindre Al-Ahli, ce joueur international d’exception porte en lui une double identité qui intéresse autant qu’elle divise. Son père algérien, Ahmed Mahrez, et sa mère marocaine, Halima, lui ont transmis des liens de sang qui traversent la frontière entre deux pays souvent rivaux. Cette dualité des origines a régulièrement déclenché des polémiques, notamment entre supporters algériens et marocains. Mahrez, lui, n’a jamais fui le sujet. Il l’a affronté, clairement et sans détour, à plusieurs reprises.
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ToggleLes racines familiales de Riyad Mahrez — entre Algérie et Maroc
Tlemcen, une ville aux carrefour des identités
Tlemcen n’est pas une ville ordinaire. Située dans l’ouest algérien, à quelques dizaines de kilomètres seulement de la frontière marocaine, elle concentre des influences culturelles et familiales qui appartiennent aux deux pays. C’est précisément là qu’est originaire Ahmed Mahrez, le père de Riyad, algérien dans l’âme, ancré dans cette région frontalière où les histoires de familles transcendent souvent les lignes administratives.
La mère, Halima, est marocaine. Elle est elle aussi issue de Tlemcen — une particularité géographique qui éclaire immédiatement la complexité de l’arbre familial. Ses propres origines marocaines lui viennent par sa mère, créant ainsi une filiation qui relie immédiatement Riyad Mahrez au Maroc par le sang maternel. Cette superposition géographique et culturelle entre Algérie et Maroc n’est pas une exception dans la région de Tlemcen, mais elle prend une résonance particulière quand elle concerne l’un des footballeurs les plus célèbres du continent africain.
Une enfance entre Sarcelles et les racines maghrébines
Riyad grandit à Sarcelles, ville du Val-d’Oise où de nombreuses familles algériennes se sont installées. La France est son terrain de jeu quotidien, mais l’Algérie reste présente grâce aux voyages que son père organise pour lui. Ahmed Mahrez emmène régulièrement son fils en Algérie pendant les vacances, forgeant chez le jeune Riyad un sentiment d’appartenance aux Fennecs qui se révélera déterminant plus tard.
En 2006, tout bascule. Ahmed Mahrez décède, laissant sa famille dans une situation difficile. Halima prend alors en charge seule l’éducation de Riyad, de ses deux sœurs et de son frère. Cette figure maternelle, à la fois marocaine et ancrée dans la culture algérienne de Tlemcen, joue un rôle fondamental dans la construction personnelle du futur captain des Verts. La perte du père à 15 ans reste l’une des expériences les plus douloureuses de sa vie, qu’il a évoquée publiquement à plusieurs reprises.
Ses origines mixtes lui ouvrent une porte rare dans le football international : l’éligibilité à trois sélections nationales différentes — la France, l’Algérie et le Maroc. Peu de joueurs se retrouvent dans cette situation, et elle le place face à un choix identitaire autant que sportif.
Le choix de l’équipe d’Algérie malgré des origines marocaines
Trois sélections possibles, une seule identité
Grandir à Sarcelles avec un passeport français, un père algérien et une mère marocaine — voilà une équation singulière dans le monde du football. En 2014, Riyad Mahrez tranche nettement : il choisit de défendre les couleurs de l’équipe d’Algérie. Ce n’est pas un choix par défaut. C’est une décision construite, nourrie par les voyages en Algérie avec son père, par les émotions ressenties là-bas, par ce sentiment d’appartenance que les vacances répétées avaient ancré en lui.
La suite parle d’elle-même. 107 sélections avec les Verts, 34 buts inscrits, et surtout la CAN 2019 remportée au Caire face au Sénégal. Ce titre continental reste le sommet de sa carrière internationale, le moment où Mahrez s’impose définitivement comme le patron de l’attaque algérienne.
Rivalité Algérie-Maroc : la polémique comme toile de fond
Le climat politique entre l’Algérie et le Maroc n’a jamais rendu les choses simples pour un joueur portant ces deux pays en lui. La concurrence sportive entre les deux sélections a régulièrement attisé les tensions, notamment après la Coupe arabe remportée par l’Algérie face au Maroc. Des médias marocains se sont déchaînés à cette occasion contre les joueurs algériens, dans un contexte où la frontière entre passion sportive et ressentiment national devient occasionnellement poreuse.
Mahrez se retrouve en première ligne de ces polémiques. Sa mère marocaine devient un argument brandi dans tous les sens, tantôt pour le critiquer au Maroc, tantôt pour questionner ses allégeances en Algérie. Lui reste au-dessus de cette agitation. Sa réponse, c’est le terrain.
Mahrez face aux polémiques : ses déclarations sur sa mère marocaine
« Ma mère est marocaine, on est ensemble »
Face aux rumeurs et aux attaques récurrentes sur ses origines, Riyad Mahrez a choisi la transparence. Dans un échange relayé par le journaliste sportif Patrick Juillard sur le site Foot365, il déclare sans ambiguïté : « Merci Patrick, aucune polémique même… ma mère est marocaine, on est ensemble. » Cette phrase dit tout. Pas de gêne, pas d’esquive. Il assume pleinement ces liens de sang avec le Maroc, et insiste sur l’absence de ressentiment des Fennecs envers leur voisin.
Ce positionnement tranche avec la caricature qu’on voudrait parfois lui imposer. Il ne se définit pas contre le Maroc, il se définit pour l’Algérie. La nuance est essentielle.
La conférence de presse avant la CAN 2025 — humour et sérénité
Le 23 décembre, à la veille de la CAN 2025 organisée au Maroc, Riyad Mahrez prend place en conférence de presse aux côtés du sélectionneur Vladimir Petkovic. Le premier match des Verts contre le Soudan approche. Un journaliste tente alors de le piquer sur ses origines marocaines.
La réponse fuse avec un sourire : « Vous êtes un petit malin, vous. » Puis, plus sérieusement : « Que mon père soit Algérien et ma mère Marocaine, ça, c’est un truc à part. » Cette formulation dit l’essentiel — ses racines ne sont pas une contradiction à résoudre, elles sont une richesse à part entière. Il souligne également l’accueil chaleureux des Marocains envers l’équipe d’Algérie durant cette compétition sportive, et affiche sa volonté de rester concentré sur l’essentiel.
Cette sérénité assumée devant les caméras reflète un homme qui a longtemps digéré ces questions. Sa double identité n’est plus un terrain miné — c’est une partie de lui qu’il revendique, avec la même élégance qu’il met à déborder ses adversaires sur le côté droit du terrain. Suivre son exemple dans la façon d’assumer des identités multiples sans les hiérarchiser, voilà peut-être la leçon la plus précieuse que ce joueur international offre au-delà du ballon.

Moi, c’est Clara, 42 ans, passionnée de communication digitale et de récits jaunes et verts. Native de Saint-Nazaire, j’ai grandi avec le FC Nantes en fond sonore tous les dimanches à table. Aujourd’hui consultante en stratégie de contenu, je collabore avec FCNhisto.fr pour faire vivre le club autrement : à travers ses souvenirs, ses supporters, ses petites histoires qu’on ne lit pas dans les palmarès.