Club foot : la chanson culte de Kasabian

Club Foot de Kasabian s’impose comme l’un des singles les plus marquants du rock britannique des années 2000. Publié le 10 mai 2004, ce deuxième single du groupe de Leicester figure sur leur album éponyme sorti la même année. Dès sa sortie, il frappe fort : 19ème place au classement britannique des ventes de singles, clip aux références politiques saisissantes, et une énergie sonore qui ne ressemble à rien d’autre. Vingt ans plus tard, la chanson reste une référence indispensable.

La composition musicale de Club Foot

Une genèse entre vengeance et influences sonores

Sergio Pizzorno et Christopher Karloff signent la musique de Club Foot. Deux compositeurs aux visions complémentaires, dont les déclarations publiques éclairent les intentions derrière le morceau. Pizzorno a affirmé sans ambiguïté que la chanson traite de vengeance. Pas de métaphore floue, pas d’euphémisme : la rancœur comme moteur créatif.

Le groupe s’est inspiré d’un documentaire sur les Beach Boys et leur méthode de fabrication de Good Vibrations. L’idée : perturber le paysage sonore, empiler les couches, donner aux auditeurs quelque chose d’immédiatement identifiable. Le bilan ? Des rythmes impitoyables, des bruits électroniques sifflants, un riff de guitare bourdonnant et des voix menaçantes qui s’essoufflent sur la durée.

Chris Edwards, le bassiste, nuance le propos de Pizzorno. Pour lui, la chanson parle aussi d’amour et de vie. Les paroles font écho à la guerre en Irak, déclenchée en 2002, sans prendre de position tranchée. Elles reflètent simplement ce que les journaux racontaient alors : des soldats attaqués, une époque tendue.

Au micro : Tom Meighan au chant principal, Pizzorno à la guitare, aux synthétiseurs et au chant de fond, Karloff à la guitare, à la basse et aux synthétiseurs. Le single original a été produit en 2004 par Jim Abbiss et Kasabian eux-mêmes.

Le clip vidéo, un court-métrage aux références politiques

Budapest, mars 2004 : un tournage sous tension symbolique

Le clip a été tourné le 11 mars 2004 à Budapest par le réalisateur W.I.Z., dont le CV parle pour lui : collaborations avec The Chemical Brothers, Manic Street Preachers et Ian Brown. Le scénario plonge dans un camp de l’armée russe fictif, avec une esthétique froide et oppressante.

La dédicace du clip est explicite : elle rend hommage à Jan Palach, étudiant tchèque qui s’est immolé par le feu en 1969 pour protester contre la répression soviétique en Tchécoslovaquie. Un geste radical, une figure historique que W.I.Z. choisit d’honorer visuellement.

Ryan Glover, lui, n’a pas participé au tournage. Sans passeport valide à son nom, il est resté à Southampton pendant que le reste du groupe filmait en Hongrie. L’actrice russe Dinara Drukarova apparaît dans le clip et revient dans celui de L.S.F., le single suivant, également réalisé par W.I.Z.

Les références politiques s’accumulent : un panneau en hongrois indiquant Szabad Európa Rádió (Radio Free Europe) évoque la révolution hongroise de 1956. Une autre séquence rappelle directement l’homme seul face aux chars, à Tiananmen Square en 1989. Pas un clip musical ordinaire.

La liste des titres du single et ses rééditions

Le CD original et ses faces B

Le CD original, référencé PARADISE08 sur le Paradise Label, suggère Club Foot dans une durée de 2 :52. La Jagz Kooner Vocal Mix s’étire sur 4 :53. Les faces B complètent le disque : Trash Can en 2 :53 et Sand Clit en 3 :53. La version album dure 3 :34, tandis que la version single officielle s’arrête à 2 :49.

La réédition de 2005

Le 21 mars 2005, une réédition enrichie sort en trois formats. Le Maxi CD porte la référence PARADISE30, le Mini CD la référence PARADISE29, et le vinyle 10 pouces la référence PARADISE31.

Cette réédition apporte de nouvelles faces B et des versions inédites. Voici le détail de ces titres supplémentaires :

  • The Duke (3 :35) et Bang (3 :05), deux nouvelles faces B inédites
  • Un remix signé Jimmy Douglass (3 :21)
  • Une version live enregistrée à la Brixton Academy (4 :23)

La version réédition dure 2 :51. Le 15 décembre 2011, une version live enregistrée à The O2 Arena de Londres paraît dans l’album Live !.

Le classement et les certifications de Club Foot

Club Foot marque une première pour Kasabian : c’est leur premier single à entrer au classement britannique des ventes. À sa sortie le 10 mai 2004, il atteint la 19ème place au UK Singles Chart.

Marché Classement Année
UK Singles Chart (sortie initiale) 19ème place 2004
UK Singles Chart (réédition) 21ème place 2005
US Modern Rock Tracks (Billboard) 27ème position 2005
US Modern Rock Tracks (version live 2011) 27ème position 2011
NME 150 Best Tracks of the Past 15 Years 108ème 2011

La BPI a accordé au single une certification Platinum au Royaume-Uni, représentant 600 000 unités vendues et diffusées. Un chiffre éloquent pour un morceau sorti il y a plus de vingt ans. La version mixée par Jagz Kooner a bénéficié d’une diffusion intensive sur BBC Radio 1, dans les émissions de Zane Lowe, Jo Whiley et Annie Mac, amplifiant considérablement sa visibilité.

L’héritage de Club Foot dans la culture populaire

La longévité de Club Foot dépasse largement le cycle d’un single standard. En 2012, la chanson intègre la bande-son du jeu vidéo Alan Wake’s American Nightmare, preuve que son énergie percutante transcende les frontières du seul circuit musical.

Sur scène, la chanson figure parmi les incontournables du répertoire live de Kasabian. L’enregistrement à The O2 Arena de Londres en décembre 2011 témoigne de cette place centrale dans leurs performances. Un stade de 20 000 personnes qui reprend ce riff de guitare caractéristique, c’est une image difficile à oublier. Si vous suivez l’actualité des clubs et des pronostics et meilleures cotes pour les matchs de Ligue 1, vous savez que certaines musiques s’associent durablement à l’atmosphère des stades.

La combinaison unique d’une esthétique sonore brute, d’un clip aux références politiques denses et de paroles ancrées dans l’actualité de leur époque explique pourquoi NME l’a classée 108ème sur sa liste des 150 meilleures chansons des quinze dernières années, en octobre 2011. Une reconnaissance critique qui accompagne une popularité grand public rare pour ce type de rock.

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