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L'actualité 2009-10 du FC Nantes

 

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Le 27 janvier 2010

 

Jorge Gonzalez au FC Nantes !

Jorge Gonzalez au FC Nantes !

 

Vous vous souvenez, vous, du jour où vous avez lâché votre tétine, votre doudou, ou le vieux chiffon qui vous servait à vous endormir ? Et le jour où vous avez clairement posé la question à vos parents sur le Père Noël ? Vous ne sauriez sûrement pas dire la date exacte, mais vous savez où vous étiez, vous revoyez sûrement la lumière, ressentez les odeurs caractéristiques, l'ambiance du moment. C'est ça l'enfance : les rêves se brisent et d'autres éclosent, et on en retient des fragments.

 

Pour la tétine, je me souviens que c'était suite à un voyage scolaire, où j'avais frôlé la catastrophe que mes camarades ne découvrent mon secret honteux.  Oui,  très tard, j'ai

eu besoin de la tétine pour m'endormir... Je l'ai jetée un dimanche soir, sous le regard des Maîtres de l'Univers et d'Ulysse 31. J'ai mal dormi. Le lendemain je suis allé à l'école, fier.

 

Pour le Père Noël, c'était dans un ascenseur, au sortir de ma leçon de piano. Pourquoi le sujet est arrivé sur le tapis, alors là... Mais la facilité avec laquelle ma mère m'a avoué ce que j'avais déjà deviné m'a décontenancé. J'aurais aimé qu'elle me mente encore, au lieu de reconnaître que c'est elle qui boulottait les chocolats que je laissais à l'intention de Papa Cadeaux. Les adultes ne réalisent pas que l'enfance, ce sont des secrets, des croyances, grosses comme ça, qui forment des murs et un toit. Pas de date exacte, mais des sensations, des odeurs, un climat, et un lieu. Une couette Ulysse, un poster Musclor, ou une plaque Otis.

 

Et bien je crois que pas loin de ça, je garderai un petit souvenir du mardi 19 janvier 2010. Un mardi en janvier quoi. La lumière, l'ambiance, les bruits...

 

Ce jour-là, chaque marche de mon immeuble me descend vers ma boîte aux lettres. Du moins, je pense ce moment aussi banal que ça. En réalité, tapi dans l'ombre de cette stupide boîte au sourire rectangulaire qui s'est appropriée mon identité, le mélange explosif d'enfance et d'actualité s'apprête à me sauter à la figure. Comme chaque mardi, mon France Football m'attend. Ce France Foot que je ne lis plus qu'en diagonale depuis 4 ou 5 ans, mais que je conserve méticuleusement dans sa reliure aux couleurs du Stade Rennais et qui s'entasse dans des cartons humides au fond du garage. Ce France Foot que le facteur s'échine à plier pour que je puisse le maudire dans un rituel hebdomadaire bien rodé. Évidemment, au moment des étrennes, je m'écrase mollement y compris lorsqu'il m'égraine fièrement la liste des "publications dont les sportives" qu'il me livre. Je lui donne un billet que ma femme considère rituellement comme énorme par rapport au nombre de fois où j'ai râlé dans son dos. « Chéri ? Putain, il va m'entendre le facteur. Il avait encore plié le France Foot. » Un billet bien gros aussi par rapport à la laideur d'un calendrier qu'on ne ressort du porte revues que pour le remplacer par celui de l'année à venir. Ma femme, elle m'aime aussi pour ma lâcheté bien française.

 

Mais je digresse. Ce 19 janvier 2010, France Foot m'offre un album Panini et quelques vignettes, comme tous les ans. Ma femme (encore elle, je sais) s'est toujours étonnée que je refile cet album au petit voisin qui en est fou. Parce qu'elle sait que les albums Panini c'était, pour l'enfant que je fus, le Graal, la Bible, que dis-je, la canne essentielle à mon enfance. Mais que voulez-vous, j'ai tellement galéré pour choper la vignette de Gilles Hampartzoumian que retomber là dedans serait un peu dur, surtout à mon âge. Parce qu'autant l'école était l'endroit idéal pour écouler les doubles, autant au bureau... en plus ils savent que je n'ai pas de fils. Sauf que là, le voisin a changé, y'a plus de petit garçon fou de foot pour me servir de paratonnerre, alors voyant que l'album est fourni avec des vignettes, je me dis allez, colle déjà celles-là tu verras pour les autres. Je remonte chez moi et consulte les quelques portraits autocollants fournis au cœur de mon journal. Réveillère, Sverkos, Cuvillier, Luyindula. Du lourd au Scrabble. Ah et puis il y a les "photomatons". Ce sont les équipes de merde, celles dont personne ne veut vraiment les images, ne connaît les joueurs, bref on les met pour être polis. Mais on les met pas tous, et puis ils sont 4 sur la même image. C'est un peu la honte. Autant être en Panini c'est la classe, autant se retrouver dans les "photomatons", ça fait un peu raté. Moi, voir les Brestois en "photomaton", c'est pas grave, j'ai l'habitude. Par contre, ces maillots jaunes, là, ça m'interpelle.

 

Merde, mais ce sont des Nantais !

 

Le choc me sonne sur le coup, je suis bien assis et pourtant je titube, à moins que ma main ne tremble en levant la vignette photomaton pour mieux la détailler. Dossevi, N’Diaye, Darcheville, Zerka. Bon, aucun de ces types ne me parle plus que ça, ne me procure ce sentiment familier que déclenchaient les vignettes de Desailly, Le Guen ou Debotté.

 

Ah ! Ces vignettes jaunes qui apparaissaient magiquement, au bout du 25ème paquet arraché à maman à coups de pleurs devant le buraliste. Mes petites mains déchiraient fébrilement le papier de la pochette pour égrainer en vitesse les quelques images pieuses. Un double de Barrabé, un photomaton de Libourne Saint-Seurin, une fausse joie Sochalienne, et presque au bout de ces 2 secondes éternelles, le nantais qui sort du lot. Fabien Debotté et son épi qui vole au vent, Desailly qui ne sourit pas. Le Guen qui a une tête de pervers sexuel. Mon premier Nantais, que je vais coller religieusement et reluquer toute la soirée, même à table, l'album posé sur mes genoux. Et ces cases vides avec un numéro, que je vois déjà remplies de jaune. De mes petits nantais, qui volent sur le championnat 92, ou se morfondent dans le championnat 88.

 

Putain !

 

Pardon mais putain ! Ils ont foutu Nantes en photomaton ! Bordel mais ils ont le droit de faire ça ? Ils savent qui on est à Panini ? Il s'y connaissent peut-être en sandwiches, mais en foot ils repasseront. Merde, mais les Nantais en photomaton quoi ! C'est quoi ce gag ? Et pourquoi je chiale ? Je sors mon jeu de mots sur les sandwiches à ma femme qui passe, elle rigole et compatit de voir les Nantais en photomaton. Je rigole aussi, mais dès qu'elle a le dos tourné, je me rends compte que j'ai une larme. Vous allez me dire, « Il charrie, c'est juste une figure de style, histoire de donner des allures de bouquin à son article à deux balles. » Ben non. Je ne chiale pas, correction. Mais j'ai une larme. En fait je suis vexé.

 

Alors, on en est là. Nantes en photomaton, avec la moitié de l'effectif seulement qui se bouscule sur 4 pauvres vignettes. Et des erreurs en pagaille, parmi le reste de l'effectif affiché dans un petit tableau le long de la tranche, ils ont foutu Babovic, Capoue et Klasnic. Et notre palmarès, nos 8 titres et 3 coupes banalisés en bas de la page 102. Quelle misère. Voilà où est Nantes, pour le commun des mortels, pour les autres, pour l'extérieur. Pour les gamins d'aujourd'hui, qui vont faire la gueule en découvrant les photomatons de Nantes, alors qu'ils voulaient Govou ou Gourcuff. Comme j'ai pu faire la gueule en voyant les frères Bouger ou Sylvain Ripoll dans les photomatons de Lorient. Aujourd'hui, leur maillot orange, il régale les amoureux du jeu, c'est lui l'étendard, et nous, on est l'équipe que personne ne connaît, qui est rejetée page 102, entre Metz et Nîmes.

 

On est le soldat en plomb dans les Kinder. On est le pendentif en forme de vache dans le calendrier de l'avent. On est l'embout de crayon dans le Bonux. On est... Mais oui, on est le Salvador ! Tout est là, ça y est, voilà pourquoi j'ai cette larme qui coule !

 

Mon premier album Panini, c'est Mundial 82. J'étais jeune, alors ce n'est pas moi qui l'ai rempli, ce sont mes frères. Ils n'aiment pas le foot, mes frères, et ils sont bien plus vieux que moi. Mais ils m'ont légué cet album entièrement rempli, avec les scores. Je n'ai jamais su comment ni pourquoi, mais cet album, je l'ai usé des yeux, couvé, chéri. C'est la première pierre d'un édifice autocollant qui pavera mon enfance. Dans cet album il y avait une équipe (peut être deux ou trois, à vrai dire, je ne m'en souviens plus), où les joueurs étaient par deux sur les vignettes. C'était le Salvador. Je m'en souviens parce que dans les scores, le Salvador s'était pris 10-1. J'avais jamais vu un score comme ça, je ne savais pas que c'était possible, ça m'avait travaillé. Mais non, mes frères ne s'étaient pas trompés. Le Salvador avait pris 10-1, et du coup, en punition, ils étaient par deux sur la vignette, en photomaton quoi. C'est ça quand on n'est pas à sa place.

 

On est le Salvador. Des gamins garderont peut-être en mémoire un des scores ridicules de cette saison. Quand ils verront "Nantes" sur un panneau d'autoroute l'été, comme j'ai pu voir "Salvador" sur mon sous-main mappemonde à l'école, ils penseront photomaton, ils penseront à Akouassaga comme je pensais à Jorge Gonzalez, ils se remémoreront qu'un jour, Nantes s'est pris un 4-0 on ne sait plus où comme je me souviens que le Salvador a pris 10-1 contre je ne sais plus qui.

 

J'ai glissé les autocollants dans l'album, sans les coller. Coller un Jorge Gonzalez à la page de mon équipe, c'est au-dessus de mes forces.

 

« Chéri ? Putain, il va m'entendre le facteur. Il avait encore plié le France Foot. »

 

 

Zil   ©   FCNhisto.fr  -  Le 27 janvier 2010

 

 

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