Yacine Bammou : où est l'ex-attaquant de Nantes ?

Homme en tenue de sport regardant le terrain de football

32 secondes. C’est le temps qu’il a fallu à Yacine Bammou pour marquer son premier but en Ligue 1 sous les couleurs du FC Nantes. Un début fulgurant, presque romanesque. Depuis, l’attaquant franco-marocain a beaucoup voyagé, beaucoup appris, parfois galéré. Alors, que devient vraiment l’ancien Canari ? Je vous retrace son parcours, de la Beaujoire à Touarga.

Un départ canon à Nantes, puis une trajectoire en dents de scie

Arrivé dans la Loire-Atlantique en 2013, Yacine Bammou débute sans faire de bruit. Le club le prête rapidement à Luçon, en National, histoire de le mettre en jambes. Le vrai tournant arrive à l’été 2014. Dès sa première apparition en Ligue 1, lors de la saison 2014-2015, il plante un but face au RC Lens sur un centre de Johan Audel. 32 secondes après son entrée. La victoire est au bout. Difficile de rêver meilleur script.

Ce moment-là, je l’aurais filmé en slow-motion pour toutes nos stories, clairement. Parce que c’est exactement ça, le football : l’instant où un inconnu devient une légende de vestiaire en moins d’une minute. L’international marocain s’installe ensuite progressivement dans l’effectif jaune et vert, contribuant au jeu collectif cher à la philosophie nantaise.

Pourtant, quatre saisons plus tard, le compte n’y est plus. Le temps de jeu se réduit, les titularisations se font rares. En 2018, Bammou quitte Nantes pour rejoindre le SM Caen. Un transfert qui aurait pu relancer la machine, mais qui ne produit pas les effets escomptés. L’envol tarde. Et la suite du parcours va ressembler à une carte du monde plutôt qu’à une trajectoire linéaire.

À titre de comparaison, Mostafa Mohamed a lui aussi suivi un chemin sinueux après son passage chez les Canaris, preuve que la sortie du club ne garantit rien, dans un sens comme dans l’autre.

De la Turquie au Qatar : les années globe-trotter

2021 marque un virage inattendu. Bammou pose ses valises à Istanbul, du côté d’Ümraniyespor, club évoluant alors en deuxième division turque. Et là, surprise : 10 buts et 7 passes décisives en une saison. L’équipe monte en Süper Lig. Il retrouve le goût des filets et, surtout, la confiance perdue depuis des années. La Turquie lui fait du bien, clairement.

Dans la foulée, direction le Qatar. En juillet 2022, il signe à Al-Shamal, en première division qatarienne. Voici un résumé chiffré de ses deux aventures orientales :

Club Saison Matchs Buts Passes décisives
Ümraniyespor (Turquie) 2021-2022 N/C 10 7
Al-Shamal (Qatar) 2022-2023 22 5 4

Ces chiffres ne font pas la une de L’Équipe, mais ils témoignent d’un joueur qui se bat pour exister à chaque étape. Ce n’est pas le profil du star-system, mais celui du professionnel qui s’adapte, qui gratte sa place, qui ne lâche rien. Un profil que j’aime documenter, parce que c’est souvent là que le football est le plus humain.

Après le Qatar, il retrouve la France avec l’AC Ajaccio, en Ligue 2. 18 matchs, 3 buts, 1 passe décisive sur l’île de Beauté. Pas flamboyant, mais honnête. À mi-saison, un nouveau défi l’attend : la Chine, avec le Guangxi Pingguo. Six mois de contrat, du temps de jeu limité. Un pari moyen, mais assumé.

Luis Castro, Dunkerque et le Maroc : la dernière ligne droite

Libre de tout contrat en août 2024, Yacine Bammou reçoit un coup de fil de Demba Ba. L’ancien attaquant sénégalais, désormais dirigeant à l’USL Dunkerque, le convainc de rejoindre le projet. Avec Luis Castro sur le banc, l’équipe cartonne. Bammou connaît alors ce qui ressemble à sa meilleure saison depuis des années :

  • 29 matchs de Ligue 2 disputés
  • 5 buts inscrits
  • 4 passes décisives délivrées
  • Une équipe compétitive autour de lui

L’environnement compte énormément dans le rendement d’un attaquant. À Dunkerque, tout s’aligne : le coach, le collectif, la confiance. C’est la démonstration parfaite qu’un joueur estampillé « en déclin » peut encore peser dans une équipe bien construite.

Puis arrive l’été 2025. À 33 ans, Bammou choisit de rejoindre l’Union Touarga Sport, au Maroc, en Botola Pro, la première division marocaine. Un retour aux racines, une façon de boucler une boucle. Le club vit une saison difficile au classement. Lui essaie de tirer l’équipe, avec 3 buts et 1 passe décisive en 17 matchs. Ce n’est pas une fin en apothéose, mais ce n’était pas non plus la prétention du joueur.

Ce parcours dit quelque chose d’essentiel sur les carrières post-grandes-clubs : après Nantes, très peu d’attaquants maintiennent le même niveau de visibilité. Ce qui différencie Bammou, c’est sa capacité à rebondir, à changer de continent sans se plaindre, à accepter des rôles variés. Et franchement, pour un gamin arrivé à Nantes avec presque rien, cette trajectoire mérite le respect. Le beau jeu, lui, il l’a pratiqué. L’humilité aussi.

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