Plan du stade de la Meinau : tribunes et accès

Inauguré officiellement le 17 avril 1984, le stade de la Meinau est bien plus qu’une élémentaire enceinte sportive pour les habitants de Strasbourg. Situé dans le quartier de la Meinau, à seulement 3 kilomètres du centre-ville, ce monument du football français accueille le Racing Club de Strasbourg depuis 1914. Avec une capacité actuelle de 32 000 places, il figure parmi les grandes scènes du sport hexagonal, et son histoire remonte à 1906, quand la prairie du jardin Haemmerlé accueillait ses premiers matchs.

Avant de franchir les tourniquets pour la première fois, ou même pour la centième, connaître le plan du stade change tout. Savoir où se trouvent les tribunes, repérer les accès selon son secteur, anticiper les parkings : autant de détails qui transforment une sortie match en véritable plaisir. Je plonge ici dans les détails de cette enceinte alsacienne, de ses gradins historiques à ses projets de rénovation ambitieux prévus pour 2026.

Histoire et évolution architecturale du stade de la Meinau

Des origines au premier stade (1906-1930)

Tout commence avec le FC Frankonia, un club aujourd’hui oublié, qui transforme dès 1906 la prairie du jardin Haemmerlé en terrain de football. Cette initiative pionnière pose les premières pierres d’un lieu qui deviendra l’une des enceintes les plus mythiques d’Alsace. Huit ans plus tard, en 1914, le FC Neudorf prend le relais en louant le terrain. Le club se renomme ensuite Racing Club de Strasbourg en 1919, forgeant ainsi l’identité qui perdurera plus d’un siècle.

La première tribune en bois sort de terre en 1921, année fondatrice à double titre : c’est aussi à ce moment que le site prend officiellement le nom de stade de la Meinau. Une deuxième tribune en bois complète l’ensemble en 1930, portant la capacité à 18 000 spectateurs. Pour l’époque, c’est déjà une installation respectée dans le nord-est de la France.

L’agrandissement de 1951

Le 11 novembre 1951, le stade entre dans une nouvelle ère. Les travaux réalisés livrent une tribune d’honneur couverte en béton armé de 2 500 places, accompagnée de nouveaux gradins qui portent la capacité totale à 30 000 spectateurs. Une piste d’athlétisme de six couloirs vient compléter l’équipement, et les dimensions du terrain sont fixées à 105 × 65 mètres.

Le coût de cette transformation atteint 40 millions de francs de l’époque, un investissement considérable pour une ville de l’après-guerre. Ces nouvelles installations font du stade un outil multifonctionnel, capable d’accueillir des épreuves d’athlétisme autant que des rencontres de football. C’est l’archéologie architecturale de la Meinau moderne.

La reconstruction des années 1980

En 1978, la municipalité de Strasbourg prend une décision radicale : reconstruire entièrement le stade pour accueillir le Championnat d’Europe de football 1984. Les tribunes sont démolies et reconstruites une à une pendant cinq années, un chantier colossal qui mobilise des ressources publiques multiples. Le coût total s’élève à 117 millions de francs, partagé entre l’État pour 23 millions, la région Alsace pour 16 millions, le département du Bas-Rhin pour 26 millions, et la ville de Strasbourg qui supporte la plus large part avec 52 millions de francs.

Le résultat de ce chantier pharaonique dépasse les attentes. Le nouveau stade dispose de 42 756 places, dont 17 000 assises, et son inauguration officielle a lieu le 17 avril 1984. Dès le lendemain, le 18 avril 1984, le premier match de football s’y déroule sous la forme d’une rencontre amicale entre la France et l’Allemagne de l’Ouest. Un baptême du feu réussi.

Les rénovations et modernisations récentes

Le retour du RCSA en Ligue 1 en 2017 oblige le club et la ville à engager des mises aux normes imposées par la Ligue de football professionnel. Nouvelle salle de musculation, salle de presse repensée, bancs de touche, surveillance vidéo renforcée : plus d’un million d’euros est dépensé pour remettre l’enceinte à niveau. La sonorisation représente à elle seule 1,3 million d’euros à la charge de l’Eurométropole.

Durant l’été 2018, la pelouse naturelle laisse place à une pelouse hybride pour 1 million d’euros. En novembre 2018, la transformation de la tribune Ouest en zone debout débute. Puis, le 5 janvier 2021, le cabinet britannique Populous est annoncé comme architecte du projet de restructuration global, associé aux architectes strasbourgeois Rey-De Crécy. Ce cabinet connu pour ses travaux sur le stade de Wembley, l’Emirates Stadium d’Arsenal, le Groupama Stadium de Lyon ou encore le Tottenham Hotspur Stadium pilote désormais l’avenir de la Meinau. La livraison est attendue pour 2025-2026.

Structure et capacité du stade de la Meinau

Une architecture en béton armé et métal

La structure du stade repose sur 23 500 m³ de béton armé et 1 200 tonnes d’acier, un assemblage massif qui confère à l’enceinte sa robustesse caractéristique. La toiture, d’une surface de 13 850 m², s’appuie sur soixante mâts rectangulaires métalliques de 16 mètres de longueur. La charpente, elle, est formée par soixante arbalétriers de 28 mètres, qui créent cette silhouette si reconnaissable depuis les rues du quartier.

Le terrain mesure désormais 110 mètres sur 68, légèrement plus vaste que lors des travaux de 1951. Depuis l’été 2018, la pelouse hybride garantit un surface de jeu de qualité supérieure, capable de résister aux conditions hivernales alsaciennes. Jusqu’en 2011, c’est la filiale Racing espace vert qui assurait l’entretien du gazon naturel.

Capacité et répartition des places

La capacité actuelle du stade atteint 32 000 places, réparties entre 27 000 places assises et 5 000 places debout. Lors des rencontres internationales, la sécurité prime : seules les places assises sont autorisées, ce qui réduit l’accueil à 27 000 spectateurs. Depuis le retour en Ligue 1 en 2017, les aménagements imposés par la Ligue de football professionnel ont ramené la jauge à 26 000 places.

L’évolution de la capacité illustre parfaitement les phases de développement du stade :

Année Capacité totale Places assises
1930 18 000 Non précisé
1951 30 000 2 500
1984 42 756 16 637 (extensible à 13 017)
1992 29 000 24 000
2017 26 000 22 000
Actuel 32 000 27 000

Équipements techniques et de sécurité

Pour les matchs disputés en nocturne, le stade offre une intensité lumineuse de 1 059 lux, assurée par des projecteurs installés immédiatement sous la toiture. Ce choix technique évite les mâts d’éclairage extérieurs et préserve la ligne architecturale de l’ensemble. Deux tableaux d’affichage sont positionnés au-dessus des tribunes est et ouest, visibles depuis tous les secteurs.

La sonorisation, opérée depuis une galerie technique suspendue sous la toiture, garantit une diffusion homogène du son dans toutes les zones de l’enceinte. Le dispositif de sécurité s’appuie sur une cellule de vidéosurveillance dotée de 18 caméras, un système modernisé lors des travaux liés au retour du club en milieu professionnel en 2016. Ces équipements techniques font de la Meinau une enceinte conforme aux exigences contemporaines du football professionnel.

Le plan des tribunes du stade de la Meinau

La tribune sud, espace présidentiel et VIP

La tribune sud est le coeur institutionnel du stade. C’est là que se concentrent les espaces d’accueil premium, avec 8 salons de réception capables d’accueillir jusqu’à 500 personnes au total. Les loges VIP comptent 368 places au total, réparties sur 26 loges de 12 places et une loge centrale pouvant recevoir 56 personnes simultanément.

Les professionnels des médias disposent quant à eux d’une tribune de presse équipée de 120 postes de travail. Un salon de télévision et un salon presse complètent les installations dédiées aux journalistes, offrant des conditions de travail adaptées aux exigences des diffuseurs nationaux et internationaux. Cette organisation en tribune présidentielle rappelle les standards des grandes enceintes européennes, un sujet qui m’a toujours fasciné quand je fouille les archives des stades de cette époque.

La tribune ouest et le kop

Novembre 2018 marque un tournant décisif pour la tribune Ouest. Le 7 novembre 2018, les sièges sont arrachés pour transformer cette zone en tribune debout, anticipant ainsi l’autorisation officielle par la Ligue de football professionnel des tests de safe-standing depuis la saison 2018-2019. Une décision qui redonne au supportérisme alsacien une atmosphère que certains n’avaient plus connue depuis des années.

Le projet de restructuration piloté par Populous prévoit d’aller encore plus loin, en portant la capacité de ce kop à 6 000 places. C’est la tribune la plus vivante du stade, celle où les ultras et les groupes de supporters créent l’ambiance qui résonne jusqu’aux tribunes adverses. Pour comprendre les dynamiques collectives de ce type de secteur, les questions de placement et d’organisation tactique des supporters rejoignent presque celles du jeu lui-même, comme dans un système 4-5-1 où chaque position est pensée pour maximiser l’impact collectif.

Les tribunes est et nord

Les tribunes est et nord complètent la répartition des spectateurs autour du terrain. La tribune est se démarque grâce à la présence d’un des deux tableaux d’affichage électronique, partagé avec son pendant à l’ouest. Ces deux écrans permettent à tous les spectateurs, quel que soit leur secteur, de suivre l’évolution du score et les informations de match.

Depuis la reconstruction de 1984, le stade dispose également d’équipements intérieurs complets :

  • Un sauna accessible aux joueurs et au staff
  • Une salle de musculation entièrement rénovée lors des travaux de 2016-2017
  • Une salle de massage pour la récupération physique
  • Une piscine intégrée au complexe
  • Un espace médical pour la prise en charge des blessures

Ces infrastructures, invisibles du spectateur lambda, font de la Meinau un outil de travail exhaustif pour le club professionnel. La tribune nord, traditionnellement occupée par les supporters visiteurs selon les configurations de match, s’intègre dans un ensemble pensé pour la sécurité et le confort de toutes les parties prenantes.

Le stade de la Meinau, une enceinte aux grandes heures sportives

La Coupe du monde 1938 et le Championnat d’Europe 1984

Le 5 juin 1938, la Meinau écrit l’une de ses premières pages de légende. Le huitième de finale de la Coupe du monde de football 1938 oppose le Brésil à la Pologne devant 13 452 spectateurs payants, pour une affluence totale estimée à 20 000 personnes. Score final : 6-5 pour le Brésil après prolongation. Ce match est souvent cité comme l’acte de naissance du football spectaculaire brésilien, un patrimoine que les historiens du ballon rond rappellent encore aujourd’hui.

Quarante-six ans plus tard, le Championnat d’Europe 1984 offre au stade ses deux soirées les plus denses. Le 14 juin 1984, Allemagne de l’Ouest contre Portugal (0-0) rassemble 44 566 spectateurs, certaines sources avançant même le chiffre de 47 950. Puis le 19 juin 1984, le Danemark bat la Belgique 3-2 devant 36 991 spectateurs. Deux soirées inoubliables dans l’histoire de la Meinau.

Les matchs de l’équipe de France

L’équipe de France entretient une relation longue et fournie avec ce stade strasbourgeois. Voici les rencontres des Bleus disputées à la Meinau :

Date Match Score Spectateurs
25 août 1965 France – Eintracht Francfort 2-2 18 000
6 novembre 1968 France – Norvège 0-1 18 319
18 avril 1984 France – Allemagne de l’Ouest 1-0 39 978
29 mai 1996 France – Finlande 2-0 27 156
13 octobre 2015 France espoirs – Ukraine 2-0 Non précisé
1er septembre 2021 France – Bosnie-Herzégovine 1-1 21 754

Le match du 18 avril 1984 reste le plus symbolique : 39 978 spectateurs voient la France s’imposer 1-0 face à l’Allemagne de l’Ouest, lendemain de l’inauguration officielle du stade rénové. Le 1er septembre 2021, la Meinau rouvre pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2022, avec 21 754 spectateurs pour un match nul 1-1 contre la Bosnie-Herzégovine.

L’équipe de France féminine a également foulé cette pelouse à trois reprises. Le 15 avril 1995, lors d’un tournoi international célébrant le 25e anniversaire du football féminin en France, les États-Unis dominent les Françaises 3-0 devant 19 534 spectateurs. Le 20 avril 2002, la France s’impose 4-1 face à la République tchèque en qualification pour la Coupe du monde féminine 2003 (8 500 spectateurs). Et le 13 février 2013, France et Allemagne se retrouvent pour un match amical commémorant le cinquantième anniversaire du traité de l’Élysée, score final 3-3 devant 15 888 spectateurs.

L’équipe de France de rugby à XV a aussi laissé son empreinte. Le 4 novembre 1989, 29 568 spectateurs assistent à la défaite française 15-32 face aux Wallabies australiens, lors du Trophée des bicentenaires célébrant simultanément les 200 ans de la colonisation de l’Australie et de la Révolution française.

Records d’affluence et autres événements marquants

Le 14 juin 1984 reste la date absolue dans les annales de la Meinau. Avec 44 566 spectateurs (voire 47 950 selon certaines sources), le match Allemagne de l’Ouest contre Portugal constitue le record absolu d’affluence du stade. Un chiffre qui témoigne de l’attractivité de l’enceinte renovée à peine un mois après son inauguration.

La finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe du 11 mai 1988 attire elle 39 446 spectateurs. Ce soir-là, l’Ajax Amsterdam est réduit à dix joueurs dès les premières minutes. Piet den Boer reprend victorieusement de la tête un centre d’Eli Ohana en deuxième mi-temps, et le FC Malines soulève la coupe avec un score de 1-0. L’un des grands soirs européens de Strasbourg.

Hors football, la Meinau a vibré au rythme d’événements mémorables. Le 23 juin 1993, U2 s’y produit dans le cadre de la partie Zooropa de sa tournée Zoo TV Tour, avec Stereo MC’s et The Velvet Underground en première partie. Le 9 septembre 1994, Pink Floyd y joue pendant son The Division Bell Tour. Le 22 juin 2003, Johnny Hallyday réunit 33 000 personnes avec Yannick Noah en ouverture. Et du 8 au 11 octobre 1988, le pape Jean-Paul II visite Strasbourg pour le 2000e anniversaire de la ville, réunissant 40 000 personnes pour une messe mémorable.

Accès au stade de la Meinau en transports en commun

Le tramway, solution privilégiée

Depuis l’inauguration du tramway de Strasbourg en 1994, rejoindre la Meinau depuis le centre-ville n’a jamais été aussi simple. La station Krimmeri Stade de la Meinau, sur la ligne A du réseau de tramway de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), dépose les spectateurs à quelques mètres des grilles. C’est de loin l’option la plus directe et la plus confortable, surtout les soirs de match à forte affluence.

À partir de 2007, la ligne E du tramway vient renforcer cette desserte, traversant l’agglomération du nord au sud pour mieux connecter les différents quartiers de la ville au stade. Deux lignes de tram, une station bien identifiée : le plan d’accès en transports en commun est simple à mémoriser, même pour un premier match.

Bus, train et accès depuis les grandes lignes

Le réseau de bus de la CTS complète la couverture en transports en commun autour du stade. Pour les visiteurs venant de plus loin, la gare de Strasbourg-Krimmeri-Meinau propose une liaison directe assurée par le TER Alsace. Cette gare de proximité s’inscrit dans un réseau ferroviaire solide, accessible depuis la LGV Est européenne (dont le premier tronçon est entré en service en 2007 et le second en 2016) et la LGV Rhin-Rhône mise en service en 2011, toutes deux convergeant vers la gare de Strasbourg.

Depuis l’aéroport de Strasbourg Entzheim, distant de 16 kilomètres, rejoindre le stade nécessite de transiter par la gare centrale avant de prendre le tramway. Le trajet reste raisonnable pour les supporters venus d’autres régions de France ou d’Europe, notamment depuis l’Allemagne via la gare de Kehl.

Accès en voiture et stationnement

Pour ceux qui préfèrent la voiture, l’accès est clairement fléché depuis l’autoroute A35. La sortie numéro 5 « Baggersee » mène directement vers le quartier de la Meinau. Un parking d’environ mille places de stationnement est disponible à proximité immédiate du stade, mais il se remplit rapidement lors des grands matchs. Mieux vaut prévoir une arrivée tôt.

Le stade est implanté au nord du quartier, sur un ancien glacis militaire. Il est bordé à l’est par le Rhin Tortu, également appelé Krimmeri. La zone est inondable, ce qui explique certaines contraintes de constructibilité qui ont pesé sur les différents projets de restructuration. Le site s’étend sur dix-neuf hectares au total.

Environnement et infrastructures autour du stade de la Meinau

Un site étendu de dix-neuf hectares

Le stade ne se résume pas à ses tribunes. Le site global couvre dix-neuf hectares, une étendue notable pour un équipement sportif implanté en zone urbaine. La particularité géographique de cet espace tient à son classement en zone inondable à constructibilité limitée, une contrainte qui a pesé lourd dans les débats autour des différents projets de rénovation ou de reconstruction menés entre 1997 et 2019.

Le Rhin Tortu, aussi connu sous le nom de Krimmeri, longe l’enceinte à l’est. Ce cours d’eau marque une frontière naturelle entre le stade et les installations d’entraînement du Racing Club de Strasbourg. Plusieurs passerelles relient les deux rives, permettant aux joueurs de passer facilement d’un terrain à l’autre au quotidien.

Le centre de formation et les installations annexes

De l’autre côté du Krimmeri, à l’est du stade, deux terrains d’entraînement servent au travail quotidien de l’équipe professionnelle. Cette proximité avec l’enceinte principale est un atout organisationnel précieux. Le centre de formation du club, inauguré en octobre 2000, se trouve lui aussi dans ce périmètre, à moins d’un kilomètre à l’est du stade, en longeant la voie ferrée qui relie Strasbourg à la gare frontalière allemande de Kehl.

Ce centre de formation incarne un maillon indispensable dans la politique sportive du RCSA. Sa localisation, à quelques centaines de mètres du terrain principal, facilite la progression des jeunes joueurs vers le groupe professionnel. L’ensemble du complexe forme ainsi un authentique campus du football strasbourgeois.

Propriété du stade et conventions de location

Le stade de la Meinau et le terrain sur lequel il repose appartiennent à l’Eurométropole de Strasbourg. Le Racing Club de Strasbourg occupe les lieux depuis 1914, d’abord gratuitement, puis dans le cadre d’une convention de location instaurée en 2002. Le tableau ci-dessous retrace l’évolution des conditions financières de cette occupation :

Période Montant annuel Contexte
Jusqu’en 2002 Gratuit Mise à disposition par la municipalité
2002-2006 400 000 euros Première convention de location
2008-2010 450 000 euros Paiement mensualisé depuis 2009-2010
Après 2010 Moins de 100 000 euros Réduction suite à la descente en National

L’entretien annuel du stade, estimé à 500 000 euros, reste à la charge du club, tout comme la rémunération des deux concierges. La descente en National en 2010 et la liquidation judiciaire de 2011 ont conduit la municipalité à alléger considérablement la facture pour le club, ramenant le loyer en dessous de 100 000 euros par an.

Affluence et records au stade de la M

Affluence et records au stade de la Meinau

Les records historiques d’affluence

Le 14 juin 1984 reste gravé dans la mémoire collective du football strasbourgeois. Ce soir-là, 44 566 spectateurs envahissent les tribunes pour assister au match du groupe B du Championnat d’Europe opposant l’Allemagne de l’Ouest au Portugal (0-0). Certaines sources avancent même le chiffre de 47 950 spectateurs, ce qui ferait de cette soirée un record absolu encore plus impressionnant. Quoi qu’il en soit, aucun autre événement n’a depuis approché ces chiffres dans cette enceinte.

Les grandes soirées qui ont marqué l’histoire du stade méritent d’être rappelées dans leur ensemble :

Date Événement Affluence
14 juin 1984 Allemagne de l’Ouest – Portugal (Euro 1984) 44 566
18 avril 1984 France – Allemagne de l’Ouest (amical) 39 978
11 mai 1988 Ajax Amsterdam – FC Malines (finale C2) 39 446
20 novembre 1992 RC Strasbourg – Olympique de Marseille (D1) 39 033
19 juin 1984 Danemark – Belgique (Euro 1984) 36 991

Le 20 novembre 1992, le match de Division 1 entre le RC Strasbourg et l’Olympique de Marseille attire 39 033 spectateurs. Ce chiffre témoigne de la ferveur populaire autour du club alsacien à cette époque, dans un stade qui vibrait encore des échos de l’Euro 1984. Ces quatre grandes soirées au-dessus de 39 000 personnes constituent un patrimoine chiffré unique dans l’histoire du football en Alsace.

Les records d’affluence du Racing Club de Strasbourg

La meilleure affluence moyenne à domicile du Racing Club de Strasbourg date de 1993, avec 21 773 spectateurs de moyenne par match. Une performance à peine inférieure avait déjà été atteinte en 1979, avec 21 086 spectateurs par rencontre. Ces deux saisons de référence correspondent à des périodes fastes du club en Division 1, quand Strasbourg faisait partie des équipes qui comptaient vraiment dans le paysage du football français.

La plus forte progression d’affluence d’une saison sur l’autre résulte de la montée en D1 de 1977 : le stade gagne d’un coup 15 219 spectateurs supplémentaires en moyenne, un bond spectaculaire qui illustre l’attachement du public à l’élite. Mais l’anecdote la plus saisissante concerne le retour de Gilbert Gress comme entraîneur en 1991. Malgré un club évoluant en Division 2, l’affluence moyenne bondit de 7 353 à 16 257 spectateurs, soit une progression de 8 904 spectateurs en une seule saison. Un entraîneur capable de remplir un stade sans même jouer au plus haut niveau, c’est rare.

La renaissance du club et les nouveaux records

La liquidation judiciaire du RC Strasbourg à l’été 2011 aurait pu sonner le glas de cette histoire. Le club repart en Championnat de France amateur 2, soit la cinquième division nationale. Pourtant, l’afflux de supporters ne faiblit pas. Lors du derby du 5 novembre 2011 contre le SC Schiltigheim, l’affluence bondit de 4 734 à 10 883 spectateurs, établissant un record pour ce niveau de compétition.

La dynamique ne s’arrête pas là. En 2012-2013, le club bat successivement les records d’affluence de quatrième division : 13 260 spectateurs contre l’AS Lyon-Duchère, puis 20 044 spectateurs contre le FC Mulhouse. Ces chiffres, pour des matchs de quatrième division nationale, sont proprement ahurissants. En avril 2014, 20 403 spectateurs assistent au match contre les Sports réunis Colmar en National, nouveau record pour cette catégorie.

La progression continue à rythme soutenu. Le 13 février 2015, le derby alsacien attire 25 096 spectateurs. Puis le 22 mai 2015, le match contre l’US Colomiers en National pulvérise tous les compteurs avec 26 724 spectateurs. Ces records successifs, établis dans des divisions modestes, racontent mieux que n’importe quel discours l’attachement viscéral du public strasbourgeois à son club.

Le retour en Ligue 1 lors de la saison 2017-2018 couronne cette remontée extraordinaire. Le Racing Club de Strasbourg bat son record personnel d’affluence moyenne de la saison 1992-1993 avec 24 083 spectateurs de moyenne à domicile. Sept guichets fermés au cours de la saison, un taux de remplissage de 91% : ces données résument à elles seules la magie de la Meinau retrouvée au plus haut niveau.

Le projet de rénovation : vers une Meinau repensée pour 2026

Le retour en Ligue 1 en 2017 relance la question de la modernisation du stade avec une urgence nouvelle. Marc Keller, président du club, commande une étude et présente le projet au conseil de l’Eurométropole en mars 2018, annonçant des travaux estimés à 100 millions d’euros. En mai de la même année, il confirme que les quatre collectivités concernées soutiennent le projet, avec une capacité portée de 26 000 à environ 33 000 places.

Le calendrier des votes institutionnels témoigne d’une mobilisation rapide des élus locaux :

  1. Le 22 juin 2018, la région vote à l’unanimité une participation de 15 à 20 millions d’euros
  2. Le 25 juin 2018, le conseil départemental du Bas-Rhin valide 10 millions d’euros, et le conseil municipal de Strasbourg vote une subvention identique
  3. Le 29 juin 2018, le conseil de l’Eurométropole approuve une enveloppe de 20 millions d’euros

Au total, les collectivités publiques financent 60% des travaux estimés à 100 millions d’euros. Le 30 avril 2019, le projet est dévoilé dans le détail : surélévation de la tribune sud, reprise des gradins inférieurs, création d’une fan zone, développement des espaces VIP avec 3 360 places en loges. La capacité finale cible les 32 000 places.

Le 17 mai 2019 officialise la répartition définitive du financement. Le département et la ville participent à hauteur de 12,5 millions d’euros chacun. La région et la métropole apportent 25 millions d’euros chacune. Les 25 millions d’euros restants sont empruntés par l’Eurométropole et remboursés via les loyers du stade. Le 5 janvier 2021, Populous est officiellement désigné architecte, associé à Rey-De Crécy. Le début des travaux est prévu pour mai 2022, pour une livraison attendue en 2025, avec certains aménagements pouvant s’étendre jusqu’en 2026.

Avant d’en arriver là, plusieurs projets avortés jalonnent l’histoire récente. En 1997, le président Patrick Proisy propose une rénovation intégrant un cinéma et un centre commercial, projet vite abandonné. En 2000, des travaux de mise aux normes pour plus de 4 millions d’euros sont menés par la ville. En 2008, un projet de stade multifonctionnel dénommé Eurostadium est présenté : 42 700 places, 90 000 mètres carrés de surface commerciale, un coût estimé entre 300 et 400 millions d’euros. Ce projet est abandonné en juillet 2009 faute de financement. Un projet alternatif pour l’Euro 2016, prévoyant 36 153 places assises pour 160 millions d’euros (dont 130 millions à la charge de la communauté urbaine), est finalement retiré par la municipalité deux mois après sa validation par l’UEFA en mai 2010.

Ce long feuilleton de projets successifs dit beaucoup sur les difficultés à faire converger ambitions sportives, contraintes financières publiques et réalités du site. La version retenue en 2019, plus mesurée dans ses ambitions de capacité mais solide dans ses financements, semble enfin tenir la route. La Meinau de 2026 promet d’être un stade rajeuni, sans trahir l’âme d’une enceinte qui porte plus d’un siècle d’histoire du football alsacien.

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