Luís Castro règle ses comptes avec Kita à Nantes

Deux hommes d'affaires discutent dans un bureau panoramique.

La revanche a un goût particulier quand elle se construit sur le terrain plutôt qu’en tribunes de presse. Luís Castro a maintenu Levante en Liga lors de la saison 2025-2026, quelques semaines seulement après que Waldemar Kita l’avait publiquement descendu. Le FC Nantes, lui, vient de terminer relégué en Ligue 2. Les faits parlent d’eux-mêmes.

Kita avait tiré en premier : le coup de gueule qui a tout déclenché

Fin avril 2026, le président du FC Nantes ne mâche pas ses mots dans la presse. Waldemar Kita lâche une charge frontale contre son ancien entraîneur, évoquant un technicien sans expérience, incapable selon lui d’évoluer à ce niveau. Ses propos sont cinglants : « Ce coach va faire descendre deux clubs dans la même année. Je n’aurais pas dû prendre cet entraîneur sans expérience. Ce type-là est à côté, c’est un éducateur. Il ne peut pas réussir. » Une sortie médiatique rare dans sa brutalité.

Le contexte mérite d’être rappelé. Luís Castro avait rejoint le FC Nantes en début de saison, avant d’être débarqué en décembre 2025. Club en difficulté, résultats insuffisants, séparation précipitée. Le manager portugais rebondit alors à Levante, en Espagne, dans une situation tout aussi délicate. La suite allait démentir le pronostic de Kita.

Ce qui frappe dans la déclaration du dirigeant nantais, c’est l’assurance. Aucune nuance, aucune part de responsabilité assumée. Pointer du doigt un entraîneur parti depuis plusieurs mois ressemble davantage à une tentative de détourner l’attention qu’à une analyse sportive sérieuse. Et quand Castro maintient les Granotes en Liga quelques semaines après, l’embarras de Kita devient difficile à dissimuler.

Castro répond à Ouest-France : les mots choisis, le fond cinglant

Interrogé par Ouest-France, Luís Castro ne se lance pas dans une guerre de déclarations, mais il répond avec une précision chirurgicale. « Il pensait que j’allais faire descendre deux clubs. Mon avis, c’est que je n’en ai fait descendre aucun. » Sobre. Efficace. Le genre de réponse qui n’a pas besoin d’éclats pour faire mal.

Sur la relation avec la direction nantaise, le technicien portugais livre quelque chose de plus révélateur encore. Il affirme avoir davantage échangé avec le propriétaire de Levante en une seule semaine qu’avec Waldemar Kita durant tout son passage aux Canaris. Et quand il évoque la seule soirée mémorable passée en compagnie du dirigeant nantais, la description est édifiante : une soirée avec les supporters, sans un mot de football échangé. Pour un entraîneur soucieux de préparation tactique et de cohésion de groupe, ce détail résume beaucoup.

Voici les griefs que Castro formule indirectement à l’égard de la gestion nantaise :

  • Un propriétaire absent des entraînements et peu impliqué sportivement
  • Des communications qui passent par la presse plutôt que par le dialogue direct
  • Un manque d’échanges concrets sur le projet sportif pendant tout son mandat

À Valence, l’ambiance est décrite comme radicalement différente. « Ceux qui veulent me parler viennent directement me voir », glisse-t-il avec une ironie à peine voilée. Ce contraste entre les deux clubs dit beaucoup sur les conditions de travail qu’un staff technique peut espérer — ou subir.

Critère FC Nantes (Castro, 2025) Levante (Castro, 2025-2026)
Dialogue avec le propriétaire Quasi inexistant sportivement Direct et régulier
Bilan saison Relégation en Ligue 2 Maintien en Liga
Durée du mandat Castro Env. 5 mois (départ déc. 2025) Saison complète
Communication interne Via la presse Face à face direct

Nantes en Ligue 2 : Castro déçu, mais la conscience tranquille

Luís Castro ne cache pas sa tristesse face à la descente des Canaris. Malgré tout ce qui s’est dit, il dit suivre encore le club — discrètement, sans entrer en contact avec les joueurs actuels pour ne pas créer d’interférences diplomatiques. Sa phrase résume bien l’état d’esprit — « Je suis parti de Nantes la conscience tranquille, car je sais le travail que j’ai fait. »

Il reconnaît aussi avoir été surpris par les investissements effectués en janvier 2026, soit après son éviction. Ces recrutements tardifs posent une vraie question sur la stratégie du club — pourquoi attendre le mercato hivernal pour renforcer un effectif en difficulté, alors que l’entraîneur réclamait des renforts dès l’été ? Sur ce point précis, les exigences de Castro en matière de recrutement avaient été clairement exprimées à la famille Kita, sans réponse suffisante dans les délais.

La grandeur historique du FC Nantes — deux étoiles, huit titres de champion, une Coupe de France — rend la relégation encore plus dure à digérer. Castro lui-même le formule : « la grandeur du FC Nantes et le niveau des supporters n’en font pas un club de Ligue 2 du tout. » Ce n’est pas de la flatterie, c’est un constat factuel. Un club fondé en 1943, avec 8 titres de Division 1, mérite mieux qu’une saison en deuxième division.

Il garde d’ailleurs un bon souvenir de son rapport aux supporters nantais et les encourage pour la saison à venir en Ligue 2. Quelques membres du staff et du club l’ont même félicité après le maintien de Levante. La frontière entre l’institution FCN et sa direction semble, dans l’esprit de Castro, très nettement tracée. Ce que beaucoup dans la communauté des supporters comprennent parfaitement — et depuis longtemps.

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