Quand je regarde les comptes de l’Olympique de Marseille, j’ai l’impression de feuilleter un vieux programme de match où les chiffres racontent une histoire qu’on préférerait oublier. Frank McCourt multiplie les injections financières dans le club phocéen depuis 2016, pour un total approchant les 640 millions d’euros, sans jamais parvenir à équilibrer les livres. Vous voyez ces supporters qui tremblent à chaque mercato ? Ils ont bien raison, car les finances olympiennes ressemblent à un numéro d’équilibriste permanent.
Des pertes qui s’accumulent malgré l’engagement américain
Le propriétaire bostonien a beau afficher son enthousiasme dans les travées du Vélodrome, la réalité comptable reste implacable. Je constate que les résultats nets déficitaires s’enchaînent saison après saison, avec environ 37 millions d’euros de pertes attendues pour l’exercice 2024-2025. Depuis son arrivée, McCourt accumule près de 500 millions d’euros de déficit cumulé. Cette hémorragie financière trouve ses origines dans plusieurs crises successives : la pandémie de Covid-19, l’effondrement des droits télévisuels, et une gouvernance française qu’il estime peu favorable. Même avec les aides gouvernementales de 50 millions et les avances de CVC à hauteur de 90 millions entre 2022 et 2025, l’équation reste insoluble.
| Période | Injections McCourt | Résultat net |
|---|---|---|
| 2016-2020 | ~200 M€ | Déficitaire |
| 2020-2023 | ~250 M€ | -39 M€ (2023-24) |
| 2024-2025 | 94,5 M€ | -37 M€ estimé |
La Ligue des champions comme unique bouée de sauvetage
Vous comprenez maintenant pourquoi la qualification européenne devient vitale ? Les droits télévisuels français rapportent à peine 30 millions d’euros, même en cas de titre de champion. Le partenariat avec CMA CGM génère presque autant à lui seul, avec 24 millions annuels jusqu’en 2028. Face à cette réalité, la Ligue des champions représente l’unique porte de sortie financière crédible, avec un prize money flirtant déjà avec les 50 millions d’euros avant même la fin de la phase de ligue.
Parallèlement, j’observe plusieurs tendances inquiétantes dans la gestion marseillaise :
- L’explosion des commissions d’agents : passées de 10 à 21 millions d’euros entre 2021 et 2024
- Les options d’achat obligatoires à régler en fin de saison : Medina et Weah pour 39 millions d’euros
- La valorisation de l’effectif triplée depuis 2016, atteignant désormais 400 millions d’euros
- Des dépenses administratives croissantes avec le projet de grand stade et le déménagement avenue du Prado
McCourt refuse toujours de vendre, malgré une valorisation du club estimée à 594 millions d’euros par Football Benchmark. Cette patience force le respect, mais la viabilité économique reste un horizon lointain dans le contexte français actuel.

Moi, c’est Clara, 42 ans, passionnée de communication digitale et de récits jaunes et verts. Native de Saint-Nazaire, j’ai grandi avec le FC Nantes en fond sonore tous les dimanches à table. Aujourd’hui consultante en stratégie de contenu, je collabore avec FCNhisto.fr pour faire vivre le club autrement : à travers ses souvenirs, ses supporters, ses petites histoires qu’on ne lit pas dans les palmarès.

