Je me souviens de cette anecdote qu’on m’a racontée, celle d’un homme qui a vu sa vie basculer en l’espace de quelques heures. Éric Blahic, ancien adjoint de Guingamp, venait de rentrer d’une longue promenade avec son épouse près de Saint-Quay-Portrieux. Il était en discussion avancée avec la sélection ghanéenne pour préparer la Coupe du monde. Puis, son téléphone a sonné. C’était mercredi, et en deux petites heures, tout était bouclé. Le jeudi matin, à l’aube, il prenait la route vers la Beaujoire. Dès l’après-midi, il dirigeait sa première séance avec les Canaris. Cette histoire, c’est celle d’un recrutement éclair au FC Nantes, un club où les décisions se prennent vite, parfois très vite.
Quand Ahmed Kantari ravive une promesse de juin
L’appel d’Ahmed Kantari n’était pas totalement inattendu. Les deux hommes se connaissaient depuis 2005, à l’époque où Blahic était adjoint de Guy Lacombe au Paris Saint-Germain et Kantari, jeune joueur prometteur. Ils avaient gardé contact au fil des formations d’entraîneurs à la Fédération française. En juin dernier, Kantari lui avait glissé : « Si je prends un club, je souhaiterais que tu viennes avec moi ». Une discussion de vestiaire, rien de plus. Mais quand l’opportunité s’est présentée, la parole a été tenue.
Blahic ne savait même pas que Luis Castro avait été écarté de son poste lorsque le téléphone a sonné. À 6 h 45, il signait son contrat à Nantes. À midi, il prévenait les dirigeants ghanéens. L’après-midi, il était sur le terrain. Le vendredi, moins de 48 heures après ce coup de fil, il était sur le banc à Angers pour un déplacement compliqué. Une cadence folle, même pour un homme habitué aux situations d’urgence.
| Étape | Jour | Action clé |
|---|---|---|
| Premier contact | Mercredi | Appel téléphonique de Kantari |
| Signature | Jeudi matin | Contrat signé à Nantes |
| Première séance | Jeudi après-midi | Prise de fonction immédiate |
| Premier match | Vendredi | Déplacement à Angers (défaite 4-1) |
Un défi immense face à un effectif jeune et touché
À 60 ans, Blahic s’est posé les bonnes questions avant d’accepter : « Est-ce que je peux encore être performant ? Est-ce que je suis encore capable d’être innovant ? » Loin de se positionner en grand sage, il a choisi l’humilité et l’écoute. Il découvre un staff qu’il ne connaissait pas, avec des profils complémentaires comme Faouzi Amzal aux gardiens ou Gilles Marambaud à la préparation physique. L’ambiance est bonne, l’énergie collective se construit jour après jour.
Le groupe nantais qu’il retrouve est jeune, tant par l’âge que par l’expérience au haut niveau. Les objectifs sont clairs :
- Créer du changement dans les habitudes
- Apporter une dynamique différente
- Remobiliser un effectif touché mais pas résigné
- Préparer un mercato hivernal ciblé
Face à Concarneau en Coupe de France, aucune question de tests ou d’expérimentation. L’ambition reste intacte : se qualifier pour le tour suivant et profiter de la trêve pour retravailler les fondamentaux. Un stage est prévu fin décembre. Entre arrivées et départs attendus, Blahic sait qu’il faut vivre au jour le jour, garder le cap, et redonner confiance à un club mythique qui doute.

Moi, c’est Clara, 42 ans, passionnée de communication digitale et de récits jaunes et verts. Native de Saint-Nazaire, j’ai grandi avec le FC Nantes en fond sonore tous les dimanches à table. Aujourd’hui consultante en stratégie de contenu, je collabore avec FCNhisto.fr pour faire vivre le club autrement : à travers ses souvenirs, ses supporters, ses petites histoires qu’on ne lit pas dans les palmarès.

