Waldemar Kita l’a dit, sans détour, dans une interview accordée à Eurosport : Luis Castro n’aurait jamais dû poser ses valises au FC Nantes. Une sortie qui fait l’effet d’une petite bombe, surtout quand on sait que c’est lui-même qui a signé le recrutement du technicien portugais. Voilà le genre de déclaration qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
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ToggleKita se contredit — le mea culpa le plus lunaire de la saison
Le FC Nantes vit une saison cauchemardesque. Le classement fait mal, l’ambiance aussi. Et Waldemar Kita, fidèle à lui-même, choisit ce moment précis pour sortir du bois avec une interview-fleuve chez Eurosport, dans laquelle il revient sur les choix opérés depuis l’été dernier. Parmi eux, le plus surprenant concerne immédiatement Luis Castro.
Le président nantais dit regretter amèrement le recrutement de l’entraîneur portugais. C’est son propre choix, assumé à l’époque, qu’il remet aujourd’hui en question. Ce type de volte-face, j’en ai vu quelques-uns depuis que je suis les Canaris de près, mais celui-ci atteint un niveau d’incongruité assez rare. Se tirer une balle dans le pied avec autant de décontraction, c’est presque un art.
Difficile de ne pas tiquer quand on se souvient que Kita avait, à l’époque, présenté Castro comme un profil adapté au projet nantais. Plusieurs mois plus tard, le même homme explique que ce coach n’aurait jamais dû venir. On aimerait comprendre ce qui a changé dans l’analyse — ou si l’analyse a tout simplement manqué dès le départ. La question reste en suspens, et personne au club ne semble pressé d’y répondre.
Ce qui est certain : cette déclaration frappe les supporters en plein visage. Après une saison si difficile, entendre le président se dédouaner en désavouant publiquement un entraîneur qu’il a lui-même choisi, c’est difficile à avaler. Même pour les plus indulgents.
Luis Castro, le rebond que Nantes n’a pas eu
Voilà où l’histoire devient particulièrement piquante. Pendant que Waldemar Kita affirme que Luis Castro était une erreur de casting, le principal intéressé est en train de valider exactement le contraire… ailleurs.
Arrivé à Levante le 20 décembre dernier, le technicien portugais a rapidement transformé son nouveau groupe. Son bilan en Liga espagnole parle pour lui :
| Période | Victoires | Nuls | Défaites | Matchs joués |
|---|---|---|---|---|
| Depuis le 20 décembre | 6 | 5 | 6 | 17 |
Six victoires et cinq matchs nuls en dix-sept rencontres — ce n’est pas un bilan de coach raté. Levante reste certes dans la zone rouge, mais ces constats permettent au club de garder une chance réelle de maintien en première division espagnole. Castro fait son travail, et il le fait bien.
Alors, qui a vraiment échoué à Nantes ? Le coach ou les conditions dans lesquelles il a été placé ? Je ne dis pas que Castro était exempt de tout reproche lors de sa première partie de saison, mais le contraste avec ses performances actuelles interpelle. Un entraîneur incapable de bosser dans n’importe quel contexte ne repart pas avec un tel bilan ailleurs aussi vite.
Ce parallèle entre la descente aux enfers des Jaune et Vert et la relative stabilisation de Levante sous les ordres de Castro rend la sortie de Kita encore plus difficile à défendre. Pendant que le FC Nantes continue de s’enfoncer, son ancien coach tente de maintenir un club en D1 espagnole. La comparaison est cruelle, mais elle est réelle.
- Castro prend ses fonctions à Levante le 20 décembre
- Il enchaîne 17 matchs avec un bilan positif en termes de points pris
- Levante conserve ses chances de maintien en Liga
- Le FC Nantes, lui, voit sa situation se dégrader sans réponse claire
Quand les mots de Kita révèlent une gouvernance qui inquiète
Ce n’est pas seulement la déclaration en elle-même qui pose problème. C’est ce qu’elle révèle sur la façon dont le FC Nantes est dirigé depuis des années. Waldemar Kita a une longue histoire avec les coups de théâtre médiatiques, les choix brusques, les revirements spectaculaires. Cette interview à Eurosport s’inscrit dans cette logique.
Reconnaître publiquement qu’un recrutement était une erreur, c’est une chose. Le faire en pleine descente aux enfers sportive, sans proposer de vision claire pour la suite, c’en est une autre. On attend du président d’un club professionnel qu’il assume ses décisions ou qu’il les justifie avec des arguments solides. Pas qu’il charge un entraîneur parti depuis des mois.
La question du mercato reste entière. Kita multiplie les pistes pour tenter de sauver Nantes, mais entre les déclarations fracassantes et les décisions concrètes, le fossé semble toujours aussi large. Les supporters attendent des actes, pas des interviews à charge rétrospective.
Ce que cette séquence illustre surtout, c’est l’urgence d’une réflexion profonde sur la structure décisionnelle du club. Pas juste le prochain coach, pas juste le prochain mercato. Mais bien la façon dont les choix sont faits, évalués, et assumés à la Beaujoire. Parce que tant que les dirigeants désavouent leurs propres recrutements à la première occasion médiatique, aucun projet durable ne peut s’installer sur les bords de l’Erdre.

Salut, moi c’est Lyna, 24 ans, community manager et fan de foot depuis que je tiens une manette. Je viens de Rennes (je sais, je sais…), mais je suis tombée amoureuse du jeu à la nantaise en découvrant des vidéos de la génération Pedros – Loko – Ouédec. Sur FCNhisto.fr, j’apporte un regard créatif, spontané et un brin provoc’ à l’histoire du club : formats courts, visuels, interviews et débats 100% passion.
